10 febrero 2012

Jean Rouch - Moi un noir (1958)

DVDRip | V.O. Francés | Subtítulos: Castellano/English/Português (.srt)
720x576 (4:3) | 1462 kbps | 70 min | 25.0 fps | mp3 160 kbps
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http://www.imdb.com/title/tt0051942/
Influencé par les théories et les films de Dziga Vertov (L'Homme à la Caméra) et Robert Flaherty (le mythique Nanouk l'Esquimau), Rouch applique à ses films cette belle idée: le cinéma-stylo, un art sans contraintes, ni script ou scénario. Un cinéma où, comme l'explique Bernard Surugue dans les bonus du DVD, l'on se retrouve avec les "acteurs" au petit déjeuner pour discuter de ce qu'on va filmer dans la journée. Ni fiction ni documentaire, les films de Jean Rouch abolissent toute frontière, entre film et reportage, mise en scène et prises sur le vif, imagination et réalité. Rouch est un cinéaste du monde, un contrebandier qui traverse avec élégance tout ce qui fait obstacle : les frontières, les limites, le cadre.
Bajo la influencia de las teorías y la obra de Dziga Vertov y Robert Flaherty, Rouch aplica a sus films esta bella idea: el cine-estilográfica, un arte sin restricciones, sin guía ni guión. Un cine en el que, como lo explica Bernard Surugue en los extras del dvd, uno se encuentra con los "actores" en el desayuno para discutir lo que se va a filmar durante la jornada. Ni ficción ni documental, la obra de Rouch destituye toda frontera entre film y reportaje, puesta en escena y tomas en vivo, imaginación y realidad. Rouch es un cineasta del mundo, un contrabandista que atraviesa con elegancia todos los obstáculos: las fronteras, los límites, el cuadro.
Le cinéma de cet infatigable curieux étoufferait s'il restait cantonné à la stricte définition du documentaire. En Afrique, Rouch a tourné plus de 100 films, où le réalisateur devient acteur, l’acteur réalisateur, le sujet objet, l'objet sujet, le muet parlant, le réel fiction… Son art déborde le cadre du genre et se laisse porter par le mouvement d'un continent et de ses peuples, balançant constamment entre invention et réalité. Les deux exemples les plus symptomatiques de ce déplacement du documentaire vers le cinéma (et vice versa) sont, sur le DVD, Moi un noir et Jaguar. Là se joue "ce que Deleuze appelait la fabulation rouchienne, le raccord incessant du personnage documentaire sur une fiction plus grande que lui". Ce raccord inédit ne pouvait fonctionner que si Rouch lui jumelait une forme cinématographique propre, faite de narration scénarisée (le début de Petit à Petit, très écrit) et de style documentaire. Excellent cadreur, monteur génial (l'anecdote rapportée par Surugue sur le style de Rouch, né des contraintes des petites caméras à magasins de 20 secondes de film, qui l’obligeaient à réfléchir au plan suivant, le temps de recharger la caméra), Rouch explose les carcans et règles de l'époque. Plus de pied mais une caméra à l'épaule. Du net, du flou, des (faux) raccords sautés captant toute l'énergie du sujet. Des regards caméras et un étonnant jeu sur la voix-off (chez Rouch, l’on parle énormément mais jamais en interview : on est au cinéma, pas à la télévision)… Autant de figures de style qui n'appartiennent qu'à lui et constituent à l’époque une vraie révolution. Godard le premier le reconnaît : pas de Nouvelle Vague sans Jean Rouch, dont la liberté de ton et de style a profondément influencé les jeunes turcs des Cahiers du Cinéma.
El cine de este curioso infatigable languidecería si permaneciera confinado a la estricta definición de documental. Rouch rodó en Africa más de cien films, en los que el realizador se vuelve actor, el actor, realizador, el sujeto, objeto, el objeto, sujeto, lo mudo, parlante, lo real, ficción... Su arte desborda el marco del género y se deja llevar por el movimiento de un continente y de sus pueblos, balanceándose constantemente entre invención y realidad. Los dos ejemplos más sintomáticos de este desplazamiento del documental hacia el cine (y viceversa) son, en el dvd, Moi un noir, y Jaguar. En el primero se pone en juego lo que Deleuze tipificara como fabulación rouchiana: "el raccord incesante del personaje documental sobre una ficción más grande que él." Tal raccord inédito sólo podía funcionar si Rouch lo acompañaba de una forma cinematográfica propia, hecha de narración guionada (el comienzo de Petit à Petit, muy "escrito") y de estilo documental. Excelente encuadrador, montajista genial (ver la anécdota referida por Surugue sobre el estilo de Rouch, nacido de las restricciones de las pequeñas cámaras con rollos de 20 segundos de film, que lo obligaban a pensar de antemano el plano siguiente, durante el tiempo de recarga de la cámara), Rouch dinamita los esquemas y reglas de su época. No más trípode, la cámara al hombro. Lo nítido, lo vago, los (falsos) raccords sobresaltados que captan toda la energía del tema. Miradas a cámara y un sorprendente juego sobre la voz over (en Rouch se habla infatigablemente, pero jamás "en entrevista": estamos en el cine, no en la televisión)... Otras tantas figuras de estilo que sólo le pertenecen a él y que constituyen en su época una verdadera revolución. Godard es el primero en reconocerlo: no hay Nouvelle Vague sin Jean Rouch, su libertad de tono y de estilo tuvo profunda influencia sobre los Jóvenes Turcos de los Cahiers.

La fin de Moi un noir, incroyable travelling en même temps que fulgurant monologue, ne peut pas ne pas avoir influencé les Belmondo et Godard d'A bout de souffle. Bluffantes, ces dix minutes synthétisent en une incroyable séquence toute l’énergie et l'imagination de Jean Rouch, tant dans le cadrage que dans le montage visuel et sonore. La caméra improvise en fonction des gestes et délires de son personnage tandis qu’un étonnant bruit de chute d’arbre se fait entendre au milieu des élucubrations d’Edward G. Robinson, tout comme quelques années plus tôt, des bruits de stade en délire résonnaient à l'entrée en ville d'un des fiers héros de Jaguar. Libéré de son strict rôle figuratif, le plan est un tourbillon dont on imagine sans peine les répercussions sur le public de l'époque : si Godard, Chabrol et Truffaut sont descendus filmer dans la rue, loin des studios, c’est aussi et surtout grâce au Rouch des Veuves de 15 ans et de la Pyramide Humaine, véritables manifestes de la Nouvelle Vague. D’autant que les trouvailles de mise en scène de Rouch ne se départissent jamais de fulgurances esthétiques tout bonnement stupéfiantes, comme ces scènes nocturnes dont on se demande encore aujourd’hui la manière dont Rouch a su en saisir toutes les nuances. Tournés avec une petit caméra 16mm, les plans de boite de nuit de Moi un Noir font d’ailleurs amèrement regretter cette période de films pellicule qui savaient rendre mieux que n’importe quelle caméra vidéo la beauté d’un continent. Equipé d’une mini caméra numérique, un des fils spirituels de Rouch, Hubert Sauper (Le Cauchemar de Darwin, précieux documentaire sur la Tanzanie, actuellement en salles) a aujourd’hui gagné en commodité ce qu’il a perdu en éclat. Couleurs profondes, contrastes étonnants, gros plans magnifiés : les bricolages pellicule de Jean Rouch semblent malheureusement ne plus avoir d’équivalent aujourd’hui.
El final de Moi un noir, increíble travelling al mismo tiempo que fulgurante monólogo, no puede no haber influido en los Belmondo y Godard de Sin aliento. Esos diez minutos exacerbados sintetizan en una increíble secuencia toda la energía y la imaginación de Jean Rouch, tanto en lo que hace al encuadre como al montaje visual y sonoro. La cámara improvisa en función de los gestos y delirios de su personaje, mientras que el impresionante ruido de la caída de un árbol se introduce en medio de las elucubraciones de Edward G. Robinson (...) Liberado de su estricto papel figurativo, el plano es un torbellino, cuyos efectos sobre el espíritu de la época es dable imaginar sin más (...) los hallazgos de puesta en escena de Rouch no aparecen jamás separados de fulguraciones estéticas absolutamente sorprendentes, como esas escenas nocturnas que llevan a preguntarse aún hoy de qué manera logró Rouch captar todos sus matices. Rodados con una pequeña cámara de 16mm, los planos de la boîte nocturna de Moi un noir, hacen sentir una amarga nostalgia por ese período en que el soporte fílmico sabía entregar la belleza de un continente mucho mejor que cualquier cámara de video. Equipado con una mini cámara digital, uno de los hijos espirituales de Rouch, Hubert Sauper (Le Cauchemar de Darwin, precioso documental sobre Tanzania, actualmente en cines) ha ganado hoy en comodidad lo que se pierde en resplandor. Colores profundos, contrastes sorprendentes, magnificación del primer plano: el bricolage fílmico de Jean Rouch parece que, lamentablemente, ya no tiene equivalentes en la actualidad.
DVDClassik

Can one put the West to flight?  Can one flee oneself?  In Cinema 2: The Time-Image (1985), Gilles Deleuze describes the problems faced by the filmmaker in Africa among peoples colonised by those who impose their stories from  elsewhere and appropriate local myths to their own ends.  In answer to this question, Deleuze cites the trance sequences in Jean Rouch's film, Les Maitres fous (1955), in which characters on screen become others by storytelling, while the filmmaker becomes another by fashioning characters drawn from real life.  He conceptualizes this reciprocal interaction as a double-becoming and concludes: 'It may be objected that Jean Rouch can only with difficulty be considered a third world author, but no one has done so much to put the West to flight, to flee himself, to break with a cinema of ethnology and say Moi, un noir.'
Steven Ungar, Building Bridges: The Cinema of Jean Rouch
(available on maitres-fous.net) 

Memoria documental: Rouch explicando él mismo lo que entiende por cine-trance.

Rip propio. Subtítulos ingleses: Roly Aknin-Dowling; portugueses ripeados por ddonato (versión portuguesa en dvd?); castellanos unos anónimos que circulaban con errores varios, y ahora retocados por un servidor.

Moi un noir
(nuevos enlaces gracias a Don Belianís)
(subtítulos incluidos)

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Jean Rouch en Arsenevich


Chronique d'un été (1960, con Edgar Morin)

9 comentarios:

scalisto dijo...

Moi, el primer downloader. Muchas gracias, F!

tribu dijo...

Bienvenido a Treichville! ;)

Pensar que todavía en los 90 uno no imaginaba poder ver dignamente alguna vez alguna película del pibe, salvo por alguna improbable retrospectiva festivalera o lugoniana, como cosa que ocurre una vez en la vida... Y ni hablar del que no estaba en Buenos Aires...

Vivimos en una era de abundancia, por lo menos cinematográfica.

chicharro dijo...

Muchas gracias. Ésta se suma a petit a petit y a las que me quedan de Sang-soo en mi cola de visionados pendientes. El clamor que lanzan pidiendo ser vistas empieza a ser ya bastante incontenible.

@scalisto: veo que tu foto se ha descinematografiado un poco, pero todo sea por una buena causa. Mafalda siempre fue hiperlúcida :D

chicharro dijo...

Aparte de otros valores que pueda tener, sólo por la imagen, ya es una peli sensacional. Qué preciosos planos conseguía este hombre. Y la voz que narra, que ya resulta tan agradablemente familiar, al menos tras haber visto alguna otra de rouch. Y la universalidad de la historia, que conecta la belleza exótica de los colores y contrastes de la imagen con lo propio y universal de todas las personas. Creo que estas pelis de rouch, cuando acaban, dejan un sabor de boca un tanto triste, pero es un poco la tristeza de cuando seguíamos una serie de Tv que nos gustaba mucho (por ejemplo, en la infancia) y se terminaba. Esa sensación de que un determinado mundo ficticio llega a gustar de modo visceral, por una especie de energía que lleva, y cuando se acaba, uno se siente un poco como expatriado. Es una nostalgia muy particular que creo que no se encuentra en demasiadas películas. No sé, son mis sensaciones. Muchas gracias por estos rouchs!

tribu dijo...

Tal vez esa melancolía aparece redoblada en estos casos, estimado amigo chicharro, porque se trata de un mundo ficticio "en el límite", es decir, limítrofe con otro mundo ya perdido de existencias "reales". En realidad en toda película, incluso en las que se embarcan en la ficción de manera más irremediable, este efecto del límite a veces sale a la superficie, pero en Rouch es imposible no advertirlo, sería como el eje que vertebra su obra...

Entre paréntesis, gracias por los comentarios y tu contribución a una suerte de cineclub virtual. También en el límite...

Un abrazo.

chicharro dijo...

Sí, en el límite... de la cordura o de lo inteligible, supongo que querías decir, ja, ja. Gracias por tomaros la molestia y la paciencia de leerlos. Con la cantidad de material que me bajo de vuestro blog, me va bien comentar para ayudarme a fijar ideas, aunque sea alguna idea peregrina un poco difusa que se me pasa por la mente. A mí me resultan bastante útiles, la verdad, para dar forma a una especie de imaginario o ideario propio. En cualquier caso, no intentar hacer un poco de cineclub por mi parte, con los peliculones que tréis, me parecería un poco ofensivo. Además, sean mis comentarios de más o menos valor, lo principal es que sirvan como testimonio de mi agradecimiento. Un abrazo!

tribu dijo...

Al cineclub lo traté de limítrofe por la frontera de lo virtual con lo no virtual! ;)

chicharro dijo...

;)
Bueno, aunque no te metas conmigo también me caes bien!

chicharro dijo...

Moi, un noir de Jean Rouch, con nuevos enlaces ZS gracias a Don Belianís